contemporary art production and mediation consultants / agence de production et de médiation d'art contemporain
Jeudi 24. Mai - depuis 1994 / Thursday May 24 - since 1994
Rechercher un projet ou un artiste ici.
Projets de 1994 à aujourd'hui.
Find your art or artist here.
Look for projects from 1994 up to now.

Maria Vaiedelich // Les Feux de la rampe

| Print |

© Maria Vaiedelich, image extraite du film LLN 1348, 2017

artconnexion présente la première exposition personnelle de Maria Vaiedelich.

Prenant pour support la ville et plus particulièrement l’enveloppe architecturale des parkings, elle développe un travail de couleur et de lumière puissamment évocateur.

Ses matériaux sont techniquement simples : caméra embarquée sur une voiture, filtres colorés sur les phares utilisés comme projecteurs, rideaux de gélatines. Les espaces s’en trouvent radicalement transformés et deviennent dans ses vidéos des lieux de projection sensorielle au potentiel narratif vaste, entre hallucination psychotique et voyage onirique.

 

Née en 1988 à Paris, Maria Vaiedelich est diplômée de l’École Professionnelle Supérieure d’Arts Graphiques et d’Architecture, Ivry-sur-Seine, en 2009 et de l’École Nationale Supérieure des Arts Visuels de La Cambre, Bruxelles, en 2017.

 

 

Pimp My Ride

Maria Vaiedelich aime les parkings. L’odeur de l’essence, les pneus qui crissent, les carrosseries clinquantes alignées dans la carapace de béton brut ou les plateaux vides. Elle fait du tuning à sa façon. Sans permis. Avec une caméra ou un vidéoprojecteur.

Sa pratique se décline en deux voies, installations et vidéos. Dans l’une et l’autre, elle expérimente les potentialités de la lumière et de la couleur pour scénariser un espace, de préférence les recoins les plus délaissés des regards. Un tuner dirait qu’elle en améliore le style et les performances.

Elle auto-qualifie son travail de « vidéopictural », un traitement de l’espace par la couleur qui s’éloigne d’une intervention physique sur le support. La couleur est déposée sur l’objet lors d’une projection vidéo, une mise en couleur précaire. S’y ajoute la possibilité d’un mouvement, d’une pulsation, d’une vibration. Dans ses installations, les vidéos projetées sont souvent des spectres lumineux en mouvement, une palette lumineuse constituée dans les espaces urbains, en captant des phares, des éclairages publics ou publicitaires. Elles viennent se caler très précisément sur un détail d’architecture, un néon au plafond, un jour sous une porte.

Ici, un néon au repos reçoit l’éclairage d’une source extérieure – que l’on identifie après coup, une fois observée l’ondulation des couleurs du prisme le long du tube. Ce néon est l’arroseur arrosé. La source de lumière éteinte éclairée par une autre, et animée d’un rythme qui ne pourrait être le sien. Tout comme lui, le regard du spectateur est à la fois trompé et flatté.  

Toute l’installation la joue bord à bord avec l’architecture, cherche le frottement. Le contact se fait avec les murs – dont la toile pailletée transparente respecte scrupuleusement les contours – et avec le public – qui la traverse. L’installation invite à une trajectoire du corps et du regard. Les écrans transparents délimitent des espaces dont la juxtaposition brouille le lointain. Les couleurs projetées s’atténuent et mouillent au fur et à mesure des écrans successifs. Le plastique de la toile change selon les éclairages. Dans une lumière douce et tamisée, sa matière semble constituée de gouttelettes. Depuis certains angles, ou sous une lumière forte, la nature de la toile se fait jour, un brin tape-à-l’œil, irisée comme une dalle de béton souillée d'une flaque de diesel.

Le positionnement frontal des écrans plastiques, l’omniprésence des verticales et des horizontales, vient contrecarrer l’effet arc-en-ciel. L’accrochage est sobre. Il ne cache pas ses trucs. La matière est en toc. L’effet est éphémère et assumé.

Même travestissement sans tromperie dans ses vidéos. L’espace à transformer est ici, et pour la 4ème fois depuis ses débuts d’artiste, un parking. Celui retenu à Lille, signé Béal & Blanckaert en 2007, est le parking souterrain de la Métropole Européenne de Lille, desservi par une rampe centrale qui descend en hélice autour d’un puits de lumière. Les plantations situées au fond de la fosse donnent lieu à des plans organiques et étranges, hypnotisants comme un aquarium. La signalétique égrène un compte à rebours qui marque la montée d’une tension dramatique. La sensation de vertige grimpe avant même que l’on ait perçu l’ascension vers le dernier étage et la sortie du parking. L’échappée de la bête voiture.     

 - Marie Pleintel

 

 

Maria Vaiedelich // Les Feux de la rampe
Vernissage mardi 27 mars à 18h30
Exposition du 28 mars au 16 juin 2018
(fermé exceptionnellement le 2 juin)
du mercredi au samedi de 15h à 18h, ou sur rendez-vous 
Entrée libre  

 

Production: artconnexion
Commissariat: Marie Pleintel

9 rue du Cirque, 59000 Lille, France
+33 (0)3 20 21 10 51
artconnexion@nordnet.fr

artconnexion is supported by / artconnexion bénéficie du soutien de:
Ville de Lille, Conseil Régional Nord-Pas de Calais, Drac Nord-Pas de Calais - Ministère de la culture, Culturesfrance, Fondation de France.

logo Ce site internet a été réalisé grâce au soutien du Conseil Régional Nord-Pas de Calais dans le cadre de la Coopération Culturelle Interrégionale et Internationale. Il est soutenu par l'Union Européenne à travers le programme Interreg IVa, projet face2face.

artconnextion_quotes_16.png